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Vaccin thérapeutique anticancer : état des lieux et avancées

Les vaccins thérapeutiques contre le cancer visent à activer et multiplier les lymphocytes T spécifiques d’antigènes de tumeurs afin d’éliminer de manière ciblée les cellules cancéreuses. Les récents progrès dans la découverte des néoantigènes issus de mutations génomiques des cellules tumorales et l’ingénierie des plateformes vaccinales, notamment les ARN messagers, ont redynamisé le développement clinique des vaccins en cancérologie. La conception d’un vaccin efficace met en jeux plusieurs paramètres qui sont décrits dans cet article, tels que le choix de l’antigène de tumeur, les plateformes d’administration du vaccin, le type de réponse immunitaire induit par les vaccins, avec un intérêt particulier pour les lymphocytes T CD4 et la diversification antigénique epitope spreading. Nous discuterons également de la place de la réponse lymphocytaire B dans les vaccins thérapeutiques. Les données prometteuses issues d’essais cliniques de vaccination en situation adjuvante dans les stades précoces sont abordées ainsi que l’importance de combiner les vaccins avec les immunothérapies anti-PD(L)-1 dans les stades avancés ou métastatiques.

Utiliser les lymphocytes T dans le traitement des leucémies aigues myéloïdes : illusion ou réalité ?

Les leucémies aiguës myéloïdes (LAM) sont un groupe hétérogène de cancers du sang caractérisés par un blocage de la différenciation et une prolifération des cellules hématopoïétiques immatures d’origine myéloïde. Les LAM progressent rapidement et sont généralement mortelles en quelques semaines ou quelques mois si elles ne sont pas traitées. La chimiothérapie intensive (7+3) ou l’utilisation d’agents hypométhylants et d’inhibiteur du Bcl-2 restent actuellement les premières lignes de traitements. Cependant, une très grande majorité des patients rechutent et succombent à la maladie, rendant nécessaire l’amélioration des approches thérapeutiques. Les traitements utilisant le système immunitaire, en particulier les lymphocytes T, ont conduit à une amélioration significative de la survie des patients atteints de mélanome ou lymphome B. Ces stratégies thérapeutiques reposent sur l’utilisation d’anticorps bloquant les récepteurs inhibiteurs des lymphocytes T, tels que l’anti-PD-1, ou sur l’emploi de thérapies cellulaires T, notamment les CAR-T ciblant le CD19. Dans cette revue, nous discutons du rôle des lymphocytes T et leur réponse antitumorale dans la pathologie des LAM, et comment les traitements utilisant ces lymphocytes T peuvent être appliqués dans le contexte des patients atteints de LAM.