Éditorial

Chers collègues,

La situation épidémiologique continue de se dégrader avec une importante accélération de l’épidémie de COVID-19 sur l’ensemble du territoire, entrainant un surcroit de travail pour beaucoup d’entre vous. Pendant ce temps, la recherche en immuno-oncologie continue d’avancer coûte que coûte, malgré les difficultés liées au confinement et qui entrainent entre autres le ralentissement des études précliniques et des inclusions des patients dans les essais thérapeutiques. Les congrès virtuels se multiplient, l’ASCO 2020, l’ESMO 2020 ainsi que la deuxième édition de CTI360 ont été virtuels et on sait déjà que l’AACR 2021 le sera également. Nous devons nous adapter à cette nouvelle forme de partage de l’information scientifique froide et impersonnelle, qui est diffusée à toutes les heures du jour ou de la nuit et de la semaine, si nous voulons rester « à jour » dans notre discipline.

Il est important aussi de garder ce trait d’union unique en immuno-oncologie qu’est celui de LA REVUE Immunité & Cancer ou nous tentons de faire le point sur les avancées récentes du domaine et d’explorer avec vous les nouveaux axes de recherche, les nouvelles pistes thérapeutiques qui seront les enjeux de demain. Vous y trouvez synthèses et analyses en profondeur qui ne peuvent se transmettre par de courtes vidéos mais qui nécessitent, de la part des rédacteurs un travail considérable en amont. Un grand merci à ceux qui acceptent de participer à cet effort collectif, mais vous êtes de plus en plus rares et il est de plus en plus difficile de vous trouver… C’est pourquoi je fais un appel à vous tous. N’hésitez pas à nous contacter et à pousser les plus jeunes de vos services à écrire. Votre expérience et vos réflexions sont précieux, continuez à en faire partager les lecteurs de LA REVUE Immunité & Cancer.

Nous consacrons le dossier thématique et la mise au point de ce numéro à l’immunité innée, qui fait partie du système immunitaire mais diffère de l’immunité adaptative, qui met en jeu les lymphocytes T et B, par la rapidité de sa mise en place et par l’absence de mémoire. Vous trouverez tout ce que vous cherchez à savoir sur les macrophages, les cellules dendritiques, les « myeloïd derived suppressor cells » (MDSC) et les « Innate Lymphoid Cells » ou ILC dont les cellules NK, leur impact pronostic ou prédictif, leur place comme cible thérapeutique, notamment en combinaison avec les inhibiteurs de checkpoint (par Johanna Verneau et Mélanie Bruchard).

L’article bref présente quelques nouvelles sur les approches de vaccination par les néoantigènes et sur l’inhibiteur de checkpoint TIGIT présentées lors du congrès de l’AACR 2020.

Aussi, vous trouverez un premier cas clinique sur la prise en charge d’un cas de choc hémorragique compliquant une entérite ulcéro-hémorragique diffuse corticorésistante chez un patient traité par l’association d’un anti-CTLA-4 et d’un anti-PD-1 pour un mélanome métastatique (par Noémie Trystram, Pauline Laly, Barouyr Baroudjian, Thomas Aparicio et Jean-Marc Gornet), et un deuxième sur les toxicités multiples qui accompagnent l’immunothérapie par anti-PD-1 et qui pourraient être un marqueur simple et pertinent de la tolérance et de leur efficacité sur la base d’un cas clinique et de l’analyse de la base de pharmacovigilance REISAMI (par Ariane Laparra).

Enfin, l’œil de l’interne se penche sur l’impact d’une chimiothérapie d’attente dans le lymphome B diffus à grandes cellules en rechute ou réfractaire traité par CAR T-cells anti-CD19 (par Jérôme Paillassa, Catherine Thieblemont).

Prenez soin de vous et à très bientôt pour notre prochain numéro.

Pr Catherine SAUTÈS-FRIDMAN
Rédactrice en chef de LA REVUE Immunité & Cancer

Rev Immun Cancer 2020 ; 4 (3) : 107.