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Anticorps conjugués et immunothérapie dans le carcinome urothélial : de la synergie biologique aux implications cliniques

Les anticorps conjugués (ADC), en association aux inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (ICI), ont profondément modifié la prise en charge du carcinome urothélial (CU). Ces associations reposent sur le rationnel biologique suivant : les ADC, au-delà de leur cytotoxicité dirigée contre la tumeur et son microenvironnement, induisent une mort cellulaire immunogène capable d’amorcer une réponse immune adaptative, tandis que les ICI en potentialisent la persistance et l’efficacité. L’association enfortumab vedotin (EV)-pembrolizumab a démontré en 1re ligne métastatique des CU des bénéfices cliniques majeurs, avec une survie globale médiane de 31,5 mois versus 16,1 mois sous chimiothérapie (HR 0,47) et un taux de réponse objective de 68 %, sans majoration notable de la toxicité. Ces résultats ont conduit à l’approbation de cette combinaison comme nouveau standard en première ligne métastatique et à son exploration en contexte péri-opératoire (EV-303/EV-304). D’autres ADC, tels que le sacituzumab govitecan et le datopotamab déruxtécan (ciblant Trop-2), le trastuzumab déruxtécan et le disitamab vedotin (ciblant HER2) associés à des ICI sont en cours d’évaluation, ouvrant la voie à une diversification des cibles thérapeutiques et des payloads (MMAE, inhibiteurs de topoisomérase I). Des questions persistent quant à la séquence optimale des traitements, aux résistances croisées entre ADC, aux choix des combinaisons et à la place des biomarqueurs (Nectin-4, Trop-2, HER2, PD-L1) pour guider la sélection des patients. Les combinaisons ADC-ICI redéfinissent désormais le paysage thérapeutique du CU et ouvrent la voie à des stratégies personnalisées, guidées par la biologie moléculaire.

Rôle de l’immunothérapie dans le traitement des tumeurs de la vessie

Les traitements systémiques des tumeurs de la vessie ont pendant longtemps été circonscrits aux seules chimiothérapies à base de sels de platine. En effet, depuis plusieurs années, la chimiothérapie néoadjuvante à base de sels de platine est le traitement de référence péri-opératoire des tumeurs de la vessie infiltrant le muscle. Les inhibiteurs de checkpoint sont désormais envisagés à un stade localement avancé et/ou métastatique. Le profil de toxicité est bien meilleur ce qui permet d’envisager de les administrer à tous les patients. Ils ont aussi démontré leur efficacité dans le cadre des tumeurs de vessie infiltrantes métastatiques et sont déjà recommandés et autorisés dans cette indication. De nombreux essais sont en cours afin d’évaluer la place de ces thérapies dans le traitement des tumeurs de la vessie infiltrantes ou non. L’objectif de cette revue est de faire un état des lieux des traitements par inhibiteurs de checkpoint dans les tumeurs de la vessie, mais aussi de faire le point sur les différents essais en cours.