Immunothérapie chez le greffé rénal : une approche personnalisée dans les cancers localisés
L’immunothérapie a transformé la prise en charge du cancer du sein triple négatif localisé, comme le démontre l’essai KEYNOTE-522. Ce protocole associant pembrolizumab, un anti-PD-1, et chimiothérapie en néoadjuvant, suivi de pembrolizumab en adjuvant pour un total d’un an, diminue de 35 % le risque de progression et de 5 % le risque de décès à 5 ans. Ce protocole est désormais recommandé pour toute patiente présentant un cancer du sein triple négatif localisé de plus de 2 cm et/ou avec atteinte ganglionnaire. Cependant, chez les patients transplantés d’organe, l’utilisation des inhibiteurs de checkpoint expose à un risque élevé de rejet du greffon, avec un risque de perte définitive estimé entre 11 et 39 %. La décision d’introduire une immunothérapie dans ce contexte doit donc être soigneusement évaluée, en pesant le bénéfice oncologique contre le risque néphrologique. Nous rapportons le cas d’une patiente de 46 ans, greffée rénale pour néphropathie lupique, présentant une récidive d’un cancer du sein triple négatif localisé. Bien que l’indication théorique soit une chimio-immunothérapie néoadjuvante, une concertation pluridisciplinaire, prenant en compte l’avis de la patiente, a conduit à écarter le pembrolizumab au profit d’une chirurgie première suivie d’une chimiothérapie adjuvante. Ce cas illustre la complexité de la prise en charge des patients transplantés éligibles à l’immunothérapie. La balance bénéfice-risque doit être rigoureusement analysée, en associant étroitement le patient à la décision. En cas d’administration d’immunothérapie, un suivi néphrologique rapproché est indispensable, avec anticipation des mesures à prendre en cas de rejet. Une approche individualisée et pluridisciplinaire est indispensable pour optimiser la prise en charge de ces patients à haut risque.
